C’est en décembre 1853 par une nuit de grosse tempête que Cornelis Jacobus Zadelbult décida de quitter à jamais son auberge, à des milliers de kilomètres de sa chère Amsterdam.

La pluie et la grêle lui fouettèrent le visage, mais Cornelis en avait vu d’autres, c’était un vieux loup de mer. Il n’aimait pas se déplacer à pied, il lambinait car son piedbot le tiraillait. Malgré sa carrure imposante et ses grandes paluches Cornelis craignait les brigands à l’affût.

Traînant péniblement la patte, il préféra rester près des maisons car la nuit avancait.
Soudain une ombre surgit d’une ruelle nauséabonde. Instinctivement Cornelis commenca à jouer des poings mais l’ombre l’invita à se calmer. A la lueur du réverbère il remarqua que l’étranger portait une sorte de costume de Sherlock Holmes. Ce dernier lui dit d’un ton suppliant “I need money”. Notre gaillard ahuri qui avait traversé les mers lointaines identifia la langue de l’étranger à de l’Anglais. “Would you like to buy this bike from me?” poursuivit l’homme en montrant à Cornelis une étonnante machine orange.
“Qu’est-ce que c’est que cet engin monstrueux?” pensa Cornelis, pendant que l’étranger grimpait sur la machine et lui faisait un petit tour de démonstration. Diable! Une chose qui peut vous mener n’importe où en donnant des coups de jambes réguliers. Cornelis regarda les taquets sur lesquels l’étranger avait placé ses pieds. “Ces taquets doivent certainement être les appuis de la machine. Et le siège ressemble à une selle comme sur le dos d’un cheval. Une invention miraculeuse!” se dit Cornelis. Il n’hésita pas un instant et acheta la machine à l’étranger.

Le jour suivant, le navire “De Neeltje Jacoba” quittait le port pour s’en retourner au pays.
A son bord se trouvaient Cornelis et son nouveau trésor. Un mois plus tard Cornelis faisait la Une du journal local. Car les Amstellodamnois intrigués par la drôle de monture avaient tous voulu faire un tour avec et la baptisèrent le clown. Ce clown, déformé par la suite par le langage populaire devint “bi-cloune”. Et voila l’origine de notre Orangebike d’aujourd’hui!